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A la fin de ma dernière conférence, quelqu’un m’a dit « c’est courageux de parler comme ça des psychédéliques ». Ça m’a directement amenée au « pourquoi » je fais ça.
Pour moi ce n’est pas « courageux » mais normal. Certes le parcours pour arriver à ce « normal » a pris beaucoup d’années, mais quelque part il s’est fait « tout seul », sans mon contrôle conscient. Je n’avais pas prévu de soigner avec les champignons. C’est arrivé par étapes. Dans un ordre parfait des choses. Mais j’ai passé ma vie à suivre ce fil.
C’est parti d’un désir brûlant d’ouvrir des portes oubliées, vermoulues, rouillées. 
Je fais ça depuis que je suis gosse. 
Enfant, je passais des heures dans mon grenier à remuer les strates du passé, à peser l’énergie des objets, à recevoir des « infos » de l’autre côté. 
La nuit je sortais de mon corps, je volais au dessus de ma maison, j’aller me ressourcer au contact de la statue de la Vierge qui trônait en face de chez moi. 
Qu’il existe un monde invisible a toujours été une évidence, une réalité expérimentée.
J’ai musclé cette aptitude à déchiffrer, décrypter, interpréter les traces de ce qui se trame en arrière-fond de la réalité ordinaire.
A 13 ans, j’ai commencé la cartomancie. A 17 ans, j’ai pris du LSD pour la première fois.
A 19 ans, je dénonçais un oncle incestueux lors d’une réunion de famille, et ensuite devant la loi. Depuis ce jour, les tabous ne me font plus peur.
Au contraire, ils m’attirent pour leur « charge » émotionnelle, et pour tout ce qu’ils peuvent faire remonter dans le corps et la psyché.
De 20 à 25 ans, je suis allée sonder mon inconscient chez un psychanalyste 2 fois par semaine.
A 28 ans, je suis partie 2 ans seule en voyage sans moyens financiers. La transformation de soi, au travers de mues vers l’inconnu, est un moteur qui me guide constamment. 
Avant ce grand voyage de 2007, j’avais fait une expérience de « mort/ renaissance » avec les champignons, tellement profond que j’ai mis 15 ans avant de réutiliser une quelconque substance psychoactive.

Au cours de cette nouvelle période, Thierry Shouet, un guérisseur m’a transmis sa médecine, que des mexicains Huichols lui avaient transmis. 
Depuis, je fais des soins et nettoyages « chamaniques », pour soulager les personnes qui viennent me voir avec un mal, une douleur physique ou psychique. Mon rôle consiste à aller « de l’autre côté » pour agir sur le plan énergétique, spirituel. Parfois j’enlève des entités qui n’ont rien à faire là. D’autres fois il s’agit de chocs, traumatismes, non-dits, héritages, solidarités, conditionnements, et parfois les gens se sont laissés polluer par des entités toxiques.Je passe l’aspirateur à plusieurs « étages ». Je soulève les tapis où fermentent des boîtes fermées depuis longtemps.
Quand je « fais un soin », je suis naturellement dans un état de conscience élargie qui permet à la Conscience de soigner. Ce n’est pas moi qui soigne. La médecine passe à travers moi, la vie fait le reste. 
Lors d’un voyage psychédélique à visée thérapeutique, c’est la même chose. Ce n’est pas simplement le cerveau qui travaille, c’est une connexion qui s’établit avec la Conscience qui guérit. Mon rôle est de faciliter la connexion, certes, mais surtout de créer le dispositif pour l’accueillir. 
Et le dispositif est un art, un langage symbolique, un espace, un rituel pour optimiser la rencontre, protéger le voyage, la guidance. Quand ce dispositif est bien fait, le voyage est une symphonie guérissante. 

Ce n’est pas courageux d’en parler, c’est une obligation pour moi. Je ne peux pas me taire sur cette efficacité, cette beauté et rapidité d’action. Y a pas photo, ça marche du feu de Dieu .
Ce serait malhonnête de nier cette médecine, et de maintenir les gens dans des thérapies longues, coûteuses et fastidieuses, quand on sait qu’en une ou deux séances de quatre heures, tu peux régler l’équivalent de dix ans de thérapie. 
Je ne dois pas être vraiment thérapeute, au fond. Les gens ne sont pas vraiment malades. Ils sont simplement déconnectés de la Conscience, à côté de leur rails, engoncés dans des vies « automatiques », dans des moules qui ne les épanouis pas. 
Au cours d’un Voyage, des informations affluent à la vitesse de la lumière, rétablissant les circuits coupés, ouvrant les portes fermées, rouillées, assouplissant les rigidités de pensée.
Un monde invisible s’ouvre, devient visible, langage, symbole, énergie, lâchage, des verrous sautent, libérant facultés, liens, association d’idées nouvelles, émergence de ce qui était latent.

Au cours d’un Voyage, les barrages habituels sont rompus, laissant circuler la vie à bien des niveaux et tu ne peux plus résister à son passage. 
C’est comme accéder à une mémoire originelle, où temps et matière n’existent plus, où tu reviens régénéré après t’être abreuvé à la Source.

Cette perception ne peut pas être permanente, et elle ne le doit pas. Mais un court séjour dans ces méandres multidimensionnels c’est comme se souvenir de notre essence pour revenir « régénéré » et apprécier la vie dans son quotidien. Tout comme quand tu reviens d’un pays lointain. Tu es « refait », tu peux aborder d’un œil neuf ce que tu as quitté un instant.
Parfois le mortel a peur d’un tel voyage, si dans sa vie il sent bien qu’il est un peu à côté de la plaque, il redoute une grosse claque. 
Pour l’instant, ceux que j’ai accompagnés n’ont rien eu de tel. Peut-être est-ce parce mes deux signatures énergétiques sont « Douceur & Force » ? 

Alors même si aujourd’hui cette médecine est encore illégale, ma mission est de participer à sa réhabilitation. Les humains l’utilisent depuis la nuit la temps. Elle est disponible dans la nature ! 
En parler, témoigner, briser le tabou, sortir des préjugés, apprendre cet art, pour moi fait partie du nouveau paradigme quand on parle de santé, de connexion à soi, de façon de vivre et consommer, d’habiter la planète, de vivre sa propre vie.

En réalité, quand j’en parle, ou quand j’accompagne, je fais simplement ma part, parce que je peux le faire. Sachant que j’en suis capable et que j’ai accumulé des compétences dans ce domaine, ce n’est pas courageux, mais ce serait malhonnête de ne pas le faire.